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dimanche 10 avril 2011

Que la lumière soit ! Fiat lux !

(Et la lumière fut) (Et lux fit) :

Enfin en quelque sorte. Plus ou moins, pour une durée donnée < 5000 heures (valeur estimée, sous réserve d'un nombre d'utilisations < 10000) . En terme d'intervention divine, c'est assez faible. Mais bon, on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a et ce qu'on trouve chez le Roi Merlin.

Comme l'auront compris ceux qui suivent, je sais bien qu'il y en a dans le fond qui suivent pas (une petite croix dans le coin supérieur droit peut apporter une solution à votre problème), il s'agit d'une création du type lumineux. Non pas au sens vaguement philosophique, mais au sens réellement compactement fluorescent sémantique du terme. L'idée était, ab initio, d'offrir une lampe, même si a priori, le cadeau n'était pas forcément très original, nous voulions créer une solution non seulement visuellement intéressante, mais aussi correspondant à nos goûts.

Fig 1 : Lampe éteinte
Pour des raisons techniques, il nous a semble plus simple de faire une applique, nous abstrayant  de la nécessité de non seulement concevoir, mais aussi de faire réaliser un pied. C'est ainsi que l'applique fut. 
Cette forme, même si elle permet une relative liberté, impose aussi certaines contraintes, inhérentes à la position de la lampe par rapport au mur, l'épaisseur doit rester dans certaines limites, les parties saillantes sur la face en contact avec le mur doivent être minimisées. 

Le choix de formes géométriques simples, composées de façon à rompre leur symétrie intrinsèque,  s'est rapidement imposé à nous comme étant une façon intéressante de structurer la surface de notre objet lumineux. A l'opposé de cette démarche, le choix de position des fixation suit une répétition symétrique qui vient contrebalancer le déséquilibre visuel crée. Certains sont susceptibles de trouver ces choix assez agressifs, et ils auront raisons (mais les autres aussi, mais moins (p<0.05)), la brutalité des formes étant un parti pris totalement assumé, conçu pour trancher violemment avec la fonction de la lampe, assurant une lumière d'ambiance relativement douce (nous reviendrons sur ce point plus tard). L'idée sous-jacente étant d'avoir une contraste entre, non seulement, la forme et la fonction mais aussi entre les deux états intrinsèques de l'objet (allumé, éteint). Ce contraste sera d'ailleurs au centre notre prochaine création. Pour ce qui est de la taille, nous avons choisi d'avoir une surface relativement importante (450x450 mm²) qui renforce encore l'aspect brutal de la structure.

En parallèle de ces réflexions centrées sur la forme, il a été nécessaire de considérer la propagation de la lumière dans et autour de la lampe, lumière qui reste essentielle à la fonction d'une lampe. Nous voulions éviter une exposition directe de face de l'ampoule, non seulement parce que l'intensité lumineuse peut être désagréable, mais aussi parce que c'est très discutable esthétiquement. Là où beaucoup d'appliques émettent de la lumière en transmission à travers leur face frontale, nous avons choisi d'avoir ces parties totalement opaques, la lumière n'étant émise que par la tranche de la lampe, même si c'est optiquement inefficient. Ce choix, a conditionné la sélection de la source lumineuse. Après des essais infructueux avec des lampes CFL 2D (qui nécessitent un ballast externe pour fonctionner), nous avons finalement décidé d'intégrer une source composée de deux lampes à tubes linéaires. Cette intégration entraine bien évidemment une rupture de la symétrie sur un des axes de la partie supérieure.

Fig 2 : Lampe allumée

Les matériaux utilisés font partie des éléments les plus importants de cette lampe. Afin d'avoir cet effet à la fois brut et agressif, notre choix s'est porté sur l'acier. L'acier utilisé, le S255-J0W, un acier autopatinable (plus connu sous le nom d'acier Corten), possède non seulement la propriété de ressembler à de l'acier (logique non ?) mais aussi d'être naturellement résistant à la corrosion, la couche d'oxyde se formant à sa surface étant étanche à l'oxygène, ce qui lui donne rapidement un aspect corrodé, mais sans la destruction structurelle sous-jacente. Pour obtenir l'effet massif que nous désirions, les plaques d'acier constituant la lampes font 5mm d'épaisseur, ce qui lui confère une masse non négligeable (>10 kg). Toutes les fixations sont réalisées avec des vis à tête fendue, les vis CHC ayant une tête plus épaisse qui ne correspondait pas à ce que nous recherchions. Le traitement de surface brillant des vis donne un contraste intéressant avec l'acier brut utilisé pour le reste du corps de la lampe. La réalisation a été quelque peu compliquée par le fait qu'il est difficile de faire réaliser des pièces en découpe laser en tant que particulier, nos formes dictant cette méthode d'usinage pour minimiser le rayon de courbure au niveau des angles. Tous les matériaux ont été utilisés bruts, sans aucun traitement après leur acquisition. Les marques visibles à la surface des plaques d'acier ne font que renforcer l'effet que nous désirions obtenir, nous avons donc décidé de ne rien faire pour les estomper.